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Le cauchemar des Couche-Tard

Publié par Robert Deschamps le 15 février 2011 dans Spotlight, Économie | Mots-clés: couche-tard, csn, syndicats | 21 commentaires



Il faut se lever de bonne heure pour encaisser l’assurance inouïe avec laquelle la CSN vient d’entreprendre la contamination du réseau des dépanneurs Couche-Tard. Ainsi, le président Jean Lortie affirme, avec une outrecuidance renversante, qu’il ne craint pas la fermeture de l’établissement de la rue Jean-Talon, à Montréal, récemment syndiqué, et précise que, si cela devait se produire, la centrale aura «des recours importants».

Que doit-on comprendre d’une telle bravade? Qu’il existe des dispositions juridiques au moyen desquelles on peut forcer le propriétaire légitime d’une entreprise privée à garder celle-ci ouverte, même si, tout à coup, il pourrait avoir perdu le goût de la maintenir en activité? Force nous est-il de constater que nous vivons au pays de «la libre entreprise forcée»?

Quelle est donc cette attitude de truand qui consiste à dire : «Nous allons entrer chez vous et y faire la loi. Et vous n’aurez même pas le loisir de verrouiller la porte pour nous tenir à l’extérieur!»? L’idée qu’une tierce partie puisse s’immiscer dans la relation qui s’établit entre le fondateur d’une organisation et les subordonnés qui jouissent du privilège d’y occuper un poste, sans que le bâtisseur ne puisse à aucun moment retirer son offre d’emploi, demeure profondément abjecte.

Celui qui se déclare insatisfait des obligations liées à l’emploi qu’on lui a donné n’a qu’à démissionner et à lancer sa propre entreprise, au sein de laquelle il pourra définir pour lui-même les conditions de travail qu’il croira adéquates et confortables. Nous verrons ensuite où cela le mènera sur le marché.

Tout autre comportement doit être considéré comme une odieuse usurpation!

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À propos de l'auteur
Robert Deschamps
Diplômé en Lettres et en Droit, Robert Deschamps a gagné plusieurs prix littéraires. Entre autres, il a mérité la deuxième place au concours annuel d’essais juridiques organisé conjointement par la Fondation Rougier, la Commission internationale des juristes et la Faculté de droit de l’Université de Montréal. Récemment, il a publié le MANIFESTE D'UN SURTAXÉ.



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21 commentaires

bernard Le Bel

Et bien sur, il faut abolir le salaire minimum, et rendre le travail obligatoire. Vive l’esclavage!

Répondre

    David Gendron

    Attention, je suis anarchiste et je suis en faveur de l’abolition du salaire minimum, parce que cela exclut moins de travailleurs du marché du travail. Mais évidemment, je suis contre le travail obligatoire.

    Répondre

l'engagé

Ai-je bien lu que l’auteur considère que le salarié « jouit du privilège d’y occuper un poste »? Méchant renversement de valeurs! Avec un patron qui me prendrait de haut à ce point, je me syndiquerais illico!

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    F. Boiteau

    @l’engagé:

    Donc si un employeur décide de vous embaucher pour un poste, c’est VOUS qui lui faites une faveur? C’est plutôt le contraire… Si tu ne fais pas, il y a une pile de 50 cv par mois (et je suis très conservateur dans mon estimé) de gens qui ne veulent que prendre ta job. Travailler dans un dépanneur n’est pas la même chose qu’êtreêtre employé de bureau dans un milieu qui exige des compétences spécifiques. Si tu sais passer une moppe, pitonner sur un clavier, sourire et que tu possèdes de bonnes bases en arithmétique, tu possèdes amplement les connaissances pour travailler comme commis de dépanneur.

    Même là, garder sa job est un travail en lui-même et la prendre pour acquise et que l’on fait une faveur à l’employeur simplement en le graciant de sa présence est probablement le meilleur moyen de se faire sacrer dehors. Si j’opère une business, je paie pour que mes employés produisent – pas pour flatter leur égo et augmenter leur estime de soi.

    Travailler dans un dépanneur n’est pas une carrière – mais un travail occupé majoritairement par des étudiants qui occupent un poste à temps partiel. Le commis chez Couche-Tard ne mérite pas d’être payé 14-15$ de l’heure et la marge de profit d’un dépanneur (qui est très mince…un journal vendu rapporte environ 7-10 sous par copie) ne peut se permettre d’être coupée en offrant de tels salaires.

    N’oubliez pas que les dépanneurs ne sont pas toutes nécessairement des entités corporatives – plusieurs sont franchisés et donc appartiennent à un entrepreneur local – seul le nom et les fournisseurs sont prêtés. Dans ce cas, si le franchisé voit les salaires de ses employés monter de plus de 50% (passer du salaire minimum à 15$ de l’heure), ses options sont simples. Soit je coupe dans la quantité de personne ou que je ferme avant de déclarer faillite.

    Répondre

      l'engagé

      Vos raisons sont justement des incitatifs à la syndicalisation, la menace de se faire «mettre dehors» parce qu’il y a une pile de CV est justement ce qui permet aux employeurs d’abuser : « si tu rentres pas pour remplacer X, je donne tes bon shifts à Y. Il m’est arrivé plus d’une fois de dépanner un boss qui n’avait plus de géant, alors que j’étais étudiant, pour me voir remercier d’une manière ingrate par le nouveau gérant qui se faisait charmer par des employés jouaient de leur charme (et je ne les blâme pas), lequel gérant leur donnait mes «shifts», que je finissais par reprendre en montrant que je «rapportais» plus. Que d’énergie de perdue. J’aurais pu être plus combatif et aller cherche ailleurs, justement les priorités c’étaient les études et ce n’est pas tout le monde qui est «économiquement agressif» et qui cherche la meilleure job, l’employé plus soumis et expérimenté peut justement être d’une grande valeur pour un employeur.

      Et il n’est justement pas récompensé à sa juste valeur. Le commis un peu plus vieux, qui forme «le jeune» sur des subtilités que le patron ne soupçonne même pas, est-il véritablement rémunéré à la hauteur de sa contribution, j’en doute.

      Il m’est arrivé d’enfreindre la loi (pour mon employeur), dans des périodes de précarité pour conserver mon emploi. Des conditions négociées et la protection d’un syndicat m’aurait évité ce désagrément.

      Répondre

    Robert Deschamps

    À M. l’engagé,

    Le principe est simple: pour exister, un employé a besoin d’un créateur d’emploi. C’est un phénomène génératif, un principe d’absolue nécessité. L’entrepreneur, lui, n’a besoin de personne.
    Il génère son propre emploi en établissant son entreprise. Celui qui appelle cela un «renversement de valeurs» comprend mal, de toute évidence, les lois fondamentales de la vie. Voilà pourtquoi, dans le MANIFESTE D’UN SURTAXÉ, j’ai évoqué l’idée d’un congé sabbatique concerté de l’entrepreneuriat, soit: l’arrêt momentanée et pédagogique de toute l’activité commerciale et productive contrôlée par le secteur privé, avec comme conséquence l’immobilisation du marché. Je serais curieux de voir comment feraient les employés soupe au lait, syndiqués ou pas, pour pallier cette manoeuvre. Se mettraient-ils à créer des entreprise de remplacement? Eh bien, s’ils en sont capables, qu’ils le fassent maintenant! Il ne pourront plus alors se plaindre de la persécution patronale! Mais, ça, ça veut dire prendre des responsabilités…..

    Répondre

      Serge Patenaude

      Tout à fait d’accord!

      Répondre

      David Gendron

      Parfait, cessez vos activités! Vous pouvez même cesser pour l’éternité si vous voulez!

      Répondre

Dominic

Des commis de dépanneur payé 14-15$ de l’heure? (censuré) je suis payé 15.5$ et je suis un coordo dans une compagnie de marketing (qui ressemble bien gros à gestionnaire de projet) mais en me faisant nommer « coordo » ils peuvent me payer moins cher!!! En tout cas! Non,. je ne vois pas comment un commiis de dépanneur pourrait être payé 14-15$ de l’heure!

Mais à l’inverse, je ne suis pas d’accord sur un point avec l’auteur, sois que l’employé « jouit du privilège d’y occuper un poste » Pfff! « Gimme a break » Les gens veulent tous une augmentation de salaire. Mêmes les gauchistes sont en quelque sorte capitaliste. Il y a une différence entre être de gauche et être communiste. Les droitites ne sont pas tous nazis…

Le travail est important si l’on veut juste vivre et ne pas dépendre de l’état… mais de là à dire que je jouis du privilège… on y repassera. Je le fais pour moi, pour avancer. Mais en effet, ils ont pleins de CV, que je suis chanceux d’ŷ être! Je le reconnais.

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    David Gendron

    Justement, pourquoi ne pas rendre le marché complètement libre afin d’éliminer la rareté des emplois?

    Répondre

l'engagé

En fait, vous avez raison, on n’a pas vraiment besoin des dépanneurs, Des machines distributrices urbaines (pour l’essentiel) feraient certainement le travail. On n’a pas besoin des cochonneries de chez Couche-tard, le fond CSN a une section pour le capital de risque et on pourrait certainement diriger l’argent pour investir dans des centre de conception et de ces distributrices géantes. Un système électronique (comme Walt-Mart) pourrait contrôler les inventaire en temps réel et l’économie d’échelle (de ne pas avoir à tenir des produits inutiles) permettraient à ces distributrice d’être mieux gérée. Il y aurait sans doute moins d’emplois, mais certainement de meilleurs qualités.

L’espace gagné pourrait permettre à des commerces qui paient correctement d’avoir pignon sur rue : la disparition des dépanneurs augmenterait l’offre de locaux disponibles et par là, ferait baisser les prix des loyers ce qui contribuerait peut-être à baisser les prix du commerce au détail.

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Serge Patenaude

Je suis bouche bée devant la diatribe de M. l’engagé. La problématique est la suivante, ce n’est pas le taux horaire de l’employé qui est le problème mais sa productivité. Augmenter le salaire de l’employé augmenterait-il la profitabilité de l’entrepreneur? Les revenus de l’entreprise augmenteraient-ils? Pour ce qui est du fond de la CSN j’aimerais vraiment les voir opérer une PME et non pas agir comme un banquier. On verrait alors leur talent d’entrepreneur et comment ils traitent leurs employés. En passant je ne fréquente pas les Dépanneurs Couche-Tard, mais je ne crois pas qu’ils méritent qu’on dise « On a pas besoin des cochonneries de chez Couche-tard ».

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Tweets that mention Le cauchemar des Couche-Tard | Réseau Liberté-Québec - Section Grand-Montréal -- Topsy.com

[...] This post was mentioned on Twitter by Marc-Andre Lebel, rlqmontreal. rlqmontreal said: Discussion intéressante à la suite de botre billet sur les Couche-Tard: http://ow.ly/40tl7 #rlq2010 #rlqmtl [...]

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Gilles Guibord

La CSN fait de la syndicalisation idéologique; c’est connu. La défense des travailleurs est bien secondaire. On vient de le voir dans le conflit au Journal de Montréal. Maintenant, la générale Carbonneau prend pour cible les dépanneurs Couche-Tard. Je souhaite que le propriétaire joue les règles du jeu de la légalité. Qu’il gère son établissement selon les règles. Et si les syndiqués font en sorte que l’augmentation des coûts fasse fondre les profits sous le niveau raisonnable; qu’il fasse faillite. L’endroit pourrait être pris en charge par une fondation privée et laissé à l’abandon pour faire en sorte qu’il soit reconnu comme étant un monument à la syndicalisation de la glorieuse CSN.

Répondre

    David Gendron

    Les syndicaleux n’ont jamais eu l’intention de détruire tous les profits (à mon avis, ils le devraient) de Couche-Tard. Faut quand même pas exagérer!

    Répondre

      Gilles Guibord

      La CSN, au lieu de syndiquer les Couche-Tard, devrait se servir de son fonds d’investissement pour démarrer une chaîne de dépanneurs. Pour affaiblir ses concurents, elle pourrait recruter leurs meilleurs employés. Ce sera tellement payant, que la CSN pourra laisser tous les profits aux employés, tous co-propriétaires. De cette façon, Il n’y aurait plus de négociations et plus de grèves pour dénoncer les mauvais « boss ». Ainsi, il en sera fini de l’exploitation de ces prolétaires. La CSN pourrait seulement se limiter à demander un remboursement de son investissement aux conditions du marché des prêts.

      Répondre

        Robert Deschamps

        J’adhère entièrement à cette solution. Elle demeure parfaitement conforme à une application conséquente de la liberté d’entreprise. La meilleure façon de répliquer à un entrepreneur dont l’offre d’emploi vous rebute, c’est de créer vous-même le vôtre!

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David Gendron

Couche-tard fermerait ses portes si la loi sur les heures d’ouvertures qui la protège contre la concurrence, tout en étant un accommodement religieux catholique déraisonnable, était abolie.

Couche-tard ne ferait pas long feu dans un vrai libre-marché, où des dépanneurs auto-gérés pourraient plus facilement prendre sa place.

Répondre

D

« L’idée qu’une tierce partie puisse s’immiscer dans la relation qui s’établit entre le fondateur d’une organisation et les subordonnés qui jouissent du privilège d’y occuper un poste, sans que le bâtisseur ne puisse à aucun moment retirer son offre d’emploi, demeure profondément abjecte. »

En effet, mais le passage « les subordonnés qui jouissent du privilège d’y occuper un poste » va à l’encontre de la liberté individuelle. On ne peut pas valoriser les hiérarchies de pouvoir, tout en étant en faveur de la liberté individuelle. Ceci est une contradiction flagrante!

Répondre

David Gendron

« L’idée qu’une tierce partie puisse s’immiscer dans la relation qui s’établit entre le fondateur d’une organisation et les subordonnés qui jouissent du privilège d’y occuper un poste, sans que le bâtisseur ne puisse à aucun moment retirer son offre d’emploi, demeure profondément abjecte.»

En effet, mais le passage « les subordonnés qui jouissent du privilège d’y occuper un poste » va à l’encontre de la liberté individuelle. On ne peut pas valoriser les hiérarchies de pouvoir, tout en étant en faveur de la liberté individuelle. Ceci est une contradiction flagrante!

Répondre

    Robert Deschamps

    Il n’y a pas ici la moindre contradiction. C’est au contraire l’expression parfaite du concept de liberté individuelle. D’une part, nous avons un personnage qui exerce sa liberté de créer sa propre entreprise et de fixer les conditions de travail applicables à celui qui se verra offrir un emploi.
    D’autre part, le candidat potentiel, de son côté, conserve toute entière sa liberté de les refuser. Toutefois, si, par la suite, celui-ci n’utilise pas cette même liberté pour se rendre maître de sort et devenir son propre employeur, il se place lui-même en état de subordination permanente, en vertu de cette hiérarchie naturelle qui existe entre employeur et employé, laquelle ne nie aucunement la liberté individuelle, mais fixe les conséquences du refus ou de l’incapacité d’entreprendre…

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